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  • TOINETTE.- Votre mari est mort.

    BÉLINE.- Mon mari est mort ?

    TOINETTE.- Hélas oui. Le pauvre défunt est trépassé.

    BÉLINE.- Assurément ?

    TOINETTE.- Assurément. Personne ne sait encore cet accident-là, et je me suis trouvée ici toute seule. Il vient de passer entre mes bras. Tenez, le voilà tout de son long dans cette chaise.

    BÉLINE.- Le Ciel en soit loué. Me voilà délivrée d’un grand fardeau. Que tu es sotte, Toinette, de t’affliger de cette mort !

    TOINETTE.- Je pensais, Madame, qu’il fallût pleurer.

    BÉLINE.- Va, va, cela n’en vaut pas la peine. Quelle perte est-ce que la sienne, et de quoi servait-il sur la terre ? Un homme incommode à tout le monde, malpropre, dégoûtant, sans cesse un lavement, ou une médecine dans le ventre, mouchant, toussant, crachant toujours, sans esprit, ennuyeux, de mauvaise humeur, fatiguant sans cesse les gens, et grondant jour et nuit servantes, et valets.

    TOINETTE.- Voilà une belle oraison funèbre.

    Extrait de Le Malade imaginaire
  • Extrait de La Maison Nucingen

    Un signe suffit pour expliquer le désir que j’avais de rester et d’écouter au moment où Bixiou prit la parole, comme on va le voir. Nous entendîmes alors une de ces terribles improvisations qui valent à cet artiste sa réputation auprès de quelques esprits blasés, et, quoique souvent interrompue, prise et reprise, elle fut sténographiée par ma mémoire. Opinions et forme, tout y est en dehors des conditions littéraires. Mais c’est ce que cela fut : un pot-pourri de choses sinistres qui peint notre temps, auquel l’on ne devrait raconter que de semblables histoires, et j’en laisse d’ailleurs la responsabilité au narrateur principal. La pantomime, les gestes, en rapport avec les fréquents changements de voix par lesquels Bixiou peignait les interlocuteurs mis en scène, devaient être parfaits, car ses trois auditeurs laissaient échapper des exclamations approbatives et des interjections de contentement.

    — Et Rastignac t’a refusé ? dit Blondet à Finot.

    — Net.

    — Mais l’as-tu menacé des journaux, demanda Bixiou.

    — Il s’est mis à rire, répondit Finot.

    — Rastignac est l’héritier direct de feu de Marsay, il fera son chemin en politique comme dans le monde, dit Blondet.

    — Mais comment a-t-il fait sa fortune, demanda Couture. Il était en 1819 avec l’illustre Bianchon, dans une misérable pension du quartier latin ; sa famille mangeait des hannetons rôtis et buvait le vin du cru, pour pouvoir lui envoyer cent francs par mois ; le domaine de son père ne valait pas mille écus ; il avait deux sœurs et un frère sur les bras, et maintenant...

    — Maintenant, il a quarante mille livres de rentes, reprit Finot : chacune de ses sœurs a été richement dotée, noblement mariée, et il a laissé l’usufruit du domaine à sa mère...

    — En 1827, dit Blondet, je l’ai encore vu sans le sou.

    — Oh ! en 1827, dit Bixiou.

    — Eh ! bien, reprit Finot, aujourd’hui nous le voyons en passe de devenir ministre, pair de France et tout ce qu’il voudra être ! Il a depuis trois ans fini convenablement avec Delphine, il ne se mariera qu’à bonnes enseignes, et il peut épouser une fille noble, lui ! Le gars a eu le bon esprit de s’attacher à une femme riche.

    Extrait de La Comédie humaine, tome 4 : Scènes de la vie parisienne : Splendeurs et misères des courtisanes ; La Maison Nucingen
  • Il y a des gens qui prétendent, poursuivit-il, hésitant encore, qu'il y a une sagesse de l'esprit et une sagesse du cœur. Je ne l'aurais jamais cru; mais, comme je le disais, je doute de moi maintenant. Je croyais que la tête se suffisait à elle-même. Ce n'est peut-être pas tout à fait vrai; mais, comment puis-je, ce matin, prendre le risque de soutenir cette affirmation!

    Extrait de Temps difficiles
  • Ainsi la maison se trouvant vide, les portes fermées à clef et les matelas roulés, ces airs vagabonds, avant-gardes de grandes armées, entrèrent tumultueusement, frôlèrent des panneaux nus, mordillèrent, soufflèrent, ne rencontrèrent aucune résistance sérieuse dans les chambres à coucher ou le salon, rien que des tentures qui s'agitaient, du bois qui craquait, les pieds nus des tables, des casseroles et de la porcelaine déjà noircies, ternies, craquelées. Ce que l'on avait jeté, abandonné - une paire de souliers, une casquette de chasse, des jupes et des vestons défraîchis dans des garde-robes - ces objets-là seuls gardaient une forme humaine et, dans ce vide général, indiquaient qu'ils avaient été jadis gonflés par de la vie ; que des mains avaient manié des crochets et des boutons ; que le miroir avait jadis contenu un visage, un monde, creusé, semblait-il, dans sa profondeur, dans lequel parfois une forme humaine s'était tournée, une main avait passé comme un éclair, une porte s'était ouverte, des enfants s'étaient précipités en trébuchant, étaient repartis. Maintenant, tous les jours, la lumière tournante projetait sa claire image sur le mur d'en face, comme une fleur se mirant dans l'eau. Les ombres des arbres cependant, dont le vent agitait les panaches, faisaient des révérences qui, apparaissant sur ce mur, obscurcissaient un instant le lac où se réfléchissait la lumière ; ou encore des oiseaux en fuyant promenaient à travers le plancher une tache au doux frémissement.

    Extrait de La Promenade au phare
  • " Mon enfant, il ne faut pas jeter le pain ; c´est dur a gagner. Nous n´en avons pas trop pour nous, mais si nous en avions beacoup, il faudrait le donner aux pauvres. Tu en manqueras peut-etre un jour, et tu verras ce qu´il vaut. Rappelle-toi ce que je te dis, mon enfant ! "

    Je ne l´ai jamais oublie.

    Cette observation, qui, pour la premiere fois peut-etre dans ma vie me fut faite sans colere, mais avec dignite, me penetra jusqu´qu fond de l´ame ; et j´ai eu le respect du pain depuis lors.

    Extrait de L'Enfant

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