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Anne Brontë

326 lecteurs

Activité et points forts

ajouté par Mellana 2018-08-12T13:30:42+02:00

Biographie

Anne Brontë (17 janvier 1820 - 28 mai 1849) est, tout comme ses sœurs Emily Brontë et Charlotte Brontë, une femme de lettres britannique.

Elle est fortement marquée par son expérience de gouvernante, qu'elle décrit en particulier dans Agnes Grey avec un fort souci de véracité, en soulignant la lourde responsabilité des parents dans le manque de rectitude morale chez les enfants de certaines familles riches.

Son second roman, The Tenant of Wildfell Hall (La Locataire de Wildfell Hall), est marqué par la déchéance de son frère Branwell.

Très proche de sa sœur Emily, au point qu'on les a comparées à des jumelles, elle participe avec elle au cycle de Gondal.

Gouvernante à moins de 19 ans, elle est remerciée de son premier emploi au bout de deux trimestres. Puis elle trouve une place chez le révérend Edmund Robinson, qui a trois filles et un fils de neuf ans, chez lequel elle demeure quatre ans. Peu après la mort de son frère Branwell et de sa sœur Emily en septembre et décembre 1848, Anne Brontë meurt en mai 1849, de la tuberculose comme son frère et ses quatre sœurs, dans la station balnéaire de Scarborough, dans le Yorkshire, où elle s'est rendue accompagnée de Charlotte et de Ellen Nussey, avec l'espoir que l'air marin lui ferait du bien. Elle a été enterrée dans le cimetière de St Mary's à Scarborough.

D'après sa sœur Charlotte, Anne avait un esprit empreint de religiosité, une nature sensible, habitée par une certaine mélancolie. Plutôt réservée, elle masquait ses pensées et ses sentiments sous une sorte de « voile de nonne rarement soulevé ».

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Classement dans les bibliothèques

Quelques chiffres

Note moyenne : 7.86/10
Nombre d'évaluations : 93

1 Citations 74 Commentaires sur ses livres

Dernier livre
de Anne Brontë

Sortie Poche France/Français : 2016-03-03

Les derniers commentaires sur ses livres

Commentaire ajouté par Kriksy 2017-11-05T21:18:33+01:00

Je n’ai pas adhérée à l’histoire, j’ai jugée certains passages trop long par rapport au journal d’Helen. Sans plus.

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Commentaire ajouté par Isallya 2017-11-10T22:51:06+01:00

Ce livre est un paradoxe à lui tout seul : je l'ai trouvé à la fois incroyablement rapide et incroyablement lent.

Rapide, parce qu'Anne Brontë multiplie les ellipses et que les chapitres ressemblent finalement à des extraits choisis nous exposant une situation générale plutôt qu'une histoire continue qui s'interromperait à un certain point à la fin d'un chapitre et recommencerait au même point au chapitre suivant -ce n'est généralement pas le cas, donc.

Lent parce que finalement, il ne se passe pas grand-chose et je n'ai pas trouvé de grand intérêt à ce livre si ce n'est une forme de réflexion sur la condition des gouvernantes à l'époque d'Anne Brontë. Mais comme, une fois encore, ma lecture m'a semblé assez hachée, j'ai trouvé que cette critique aurait gagné à être approfondie. La faute au format du livre, peut-être aussi, puisqu'il est court...

En bref, une lecture assez laborieuse, qui m'a laissée froide, qui aurait mérité d'être plus approfondie, mais que je ne parviens pourtant pas à ne pas aimer -il possède un petit quelque chose qui m'en empêche, mais je ne saurais pas dire quoi...

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Commentaire ajouté par Wendy-Cornec 2017-12-07T19:18:43+01:00

Très franchement, je n'ai pas tout compris dans ce livre , mais je suis contente de l'avoir lue et terminé.

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Commentaire ajouté par camvil91 2018-01-15T10:34:30+01:00

un très beau classique à lire, avec une plume toujours parfaite : je connais moins Anne que ses deux soeurs mais ce livre très romantique (bien sur) est à connaitre

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Commentaire ajouté par CelineBessonnet 2018-02-21T17:10:17+01:00

Je ne regrette pas du tout cette lecture, et je la conseille fortement à tous ceux qui aiment le romantisme anglais de l'époque (XIXème siècle), car l'auteur, Anne Brontë, ne faillit pas à la réputation de ses sœurs et manie avec grâce sa plume.

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Commentaire ajouté par Myrajane 2018-02-23T21:05:02+01:00

Et bien c'est un sympathique petit ouvrage. Je l'ai lu d'une traite! Anne Brontë a vraiment une écriture fluide, c'est vraiment agréable. Elle est moins dans les élans passionnels que ses sœurs mais c'est portraits sont vraiment saisissants. Elle capte parfaitement les traits psychologiques pour créer des personnages (ou décrire des personnes réelles?!) d'une façon vraiment fine.

J'ai bien envie de lire son second roman pour me faire une opinion plus poussée.

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Commentaire ajouté par juliette84 2018-06-10T17:45:30+02:00

Un classique court et rafraîchissant dont la beauté de l'écriture est l'une de ses grandes qualités.

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Commentaire ajouté par Debs 2018-07-23T22:22:44+02:00

Anne Brontë nous décrit comment vivaient les femmes dans la société victorienne et ce n'est pas triste. Un roman féministe fort, bien du chemin a été parcouru depuis et ce n'est pas fini.

J'ai quand même trouvé quelques chapitre un peu longs.

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Commentaire ajouté par Mellana 2018-07-26T17:45:11+02:00

JANE EYRE :

Spoiler(cliquez pour révéler)J'ai enfin lu ce monument de la littérature anglaise, qui semble tant adulé. Ce qui est dommage, c'est que j'ai eu la bêtise il y a quelques années de parcourir une édition abrégée, ce qui fait que même si je connaissais (ou me rappelais) pas les détails, je me souvenais par contre bien du dénouement. Du coup ça gâche une partie du plaisir tout de même.

J'ai adoré la romance. J'ai trouvé que l'histoire d'amour était très forte, elle imprègne véritablement le récit. De plus je l'ai trouvée particulièrement crédible, et je suis assez difficile sur ce point (je ne suis pas du tout adepte des histoires d'amour à la Twilight qui ne me paraissent reposer sur aucun fondement). Mais là, la relation dure un bon moment, les deux protagonistes se fréquentent quotidiennement, échangent beaucoup et partagent de véritables moments de complicité qui les rapprochent. Le désir entre eux aussi est très présent, même si, époque oblige, il est seulement sous-entendu. J'ai hâte de voir les adaptations, en espérant trouver la même alchimie à l'écran que dans le livre.

J'ai seulement trouvé dommage que la période de félicité amoureuse ne dure pas très longtemps avant le "drame". Tout de suite après les fiançailles, on assiste à une période un peu étrange où Jane cherche à tenir M.Rochester un peu éloigné, comme si elle le testait, mais j'ai surtout eu une désagréable impression de dissonance entre eux, alors qu'avant ça je les trouvais très complices.

M.Rochester est très très swoonant, je l'avoue, même s'il n'est pas beau : il a un charme fou. Et son caractère est très séduisant par ses défauts aussi, il est rude mais pas cruel selon moi, il est surtout complètement perdu et (il faut l'avouer) égoïste. Il est sombre (après les déceptions vécues c'est normal) mais ne tombe pas dans l'abus : pour moi ses menaces sont là pour la beauté du texte, dans la veine Romantique (au sens littéraire) du récit, elles ne sont pas réelles (autrement le personnage baisserait fortement dans mon estime...). C'est un misanthrope, un vrai, et un loup solitaire qui trouve enfin la compagne faite pour lui. La fin est un peu dure pour lui mais j'aime le fait que son caractère évolue sans se dénaturer (il ne serait plus M.Rochester s'il devenait un parfait gentleman).

L'histoire de la première épouse est une excellente idée. Malheureusement je m'étais fait spoiler cette partie de l'intrigue il y a très longtemps dans un autre livre (trahie par la littérature) mais si ça n'avait pas été le cas, je pense que je n'aurais vraiment pas vu venir une chose pareille, ça aurait été impensable pour moi.

Le personnage de Jane est agréable, elle n'est pas parfaite mais elle a des qualités importantes. Avec le recul je me rends compte qu'elle présente des symptômes des enfants battus, ou du moins négligés. Elle a beau avoir un fort caractère et être capable d'être dans l'affrontement, lorsqu'on la prend par la douceur elle est aussi docile qu'un agneau. J'adore sa déclaration d'amour à M.Rochester, et que ce soit elle, la femme, qui se déclare. Physiquement, j'apprécie le fait qu'elle soit explicitement décrite comme sans beauté.

J'ai détesté St John, j'ai vu en lui tous ces fanatiques (de tous bords) intolérants et fous furieux. C'est un des défauts que je déteste le plus dans l'humanité, d'autant qu'ils ne doutent pas une seule seconde être dans le juste. Pour en revenir à St John, j'ai trouvé son harcèlement envers Jane révoltant et rageant. Je l'ai trouvé insupportable d'égoïsme, d'arrogance et de dureté, "qualités" a priori peu chrétiennes d'ailleurs. Il a tous les défauts du christianisme sans en avoir les qualités (humilité, bonté... Certes il sauve Jane de la mort mais autrement il est extrêmement dur), il est totalitaire. D'ailleurs sa mission en pays étranger (qu'il n'est pas le seul à vouloir accomplir, j'en suis consciente) n'est rien d'autre qu'un type de colonisation insupportablement condescendante et violente psychologiquement envers les locaux. D'ailleurs la façon dont Jane relate la fin de St John et relate sa fin montre bien qu'elle le respecte et l'admire, ce qui me gêne beaucoup étant donné le mal-être qu'il me procure. Mais du coup je trouve qu'en tant que personnage, St John est extrêmement réussi et intéressant (un peu comme Rogue dans Harry Potter) : il me fait éprouver des émotions violentes, peu importe qu'elles soient négatives. Au début je ne comprenais pas la faiblesse de Jane à son égard, mais en y réfléchissant, c'est assez crédible : ça rejoint ce que je disais plus haut, le fait que Jane présente des symptômes d'enfant battu, tout ça trouve sa source dans son enfance malheureuse et dépourvue d'affection. C'est très fin et nuancé comme traitement de son personnage.

En revanche j'ai trouvé la partie où Jane part bien trop longue dans l'ensemble du récit. Question de goût j'imagine, mais j'ai l'impression d'avoir passé plus de temps à attendre après M.Rochester qu'à avoir savouré leur relation.

Sinon je n'ai pas été dérangée plus que ça par la télépathie ou les diverses coïncidences qui parsèment le récit. Oui c'est impossible ou invraisemblable, c'est un peu (beaucoup) gros à avaler, mais je trouve que ça se fond bien dans la veine du roman, dans son ambiance un peu exaltée voire mystique à certains moments. On n'est pas dans du réaliste à 100% ici, donc ça ne m'a pas du tout gênée.

La fin est expédiée un peu vite. On parle de Jane Austen qui épilogue rapidement sur le bonheur conjugal de ses héros, mais Charlotte Brontë se défend pas mal non dans cette catégorie, on ne peut pas dire que le mariage en lui-même et la description de la vie conjugale soient chargés d'émotion (ce que je lui reproche).

Parmi les points négatifs, c'est purement personnel mais la présence constante de la religion m'a saoulée. Je sais que c'est une autre époque, que Charlotte était fille de pasteur mais franchement, j'en pouvais plus de lire autant de rappels et références à la religion à toutes les pages. J'en reviens toujours à la même chose mais c'est parce que je n'ai pas encore beaucoup de références en littérature anglaise du 19ème siècle ; Jane Austen aussi était apparentée à des pasteurs, ainsi que pratiquante elle-même, pour autant on l'évoque à peine dans ses romans. Bref je sais que c'est très subjectif mais c'est quelque chose que j'ai trouvé pénible à la lecture.

Ensuite j'ai un petit peu de mal avec le style. Le roman se lit très bien et sans difficulté, mais j'ai trouvé le style un peu grandiloquent et lourd par moments. Peut-être est-ce une caractéristique du mouvement romantique ? Si c'est le cas ça me confirme que ce n'est pas mon mouvement préféré. Disons que ça m'a un peu rappelé des souvenirs de lectures classiques scolaires : ce n'est pas entièrement négatif, mais c'est un peu "poussiéreux" si je puis dire (je ne suis pas une Marianne Dashwood, je l'avoue). Ça se ressent principalement dans la description des paysages, ainsi que dans certains passages que je qualifierais de "délires" spirituels voire surnaturels.

Pourquoi le récit est-il autant parsemé de piques sur les Français ? Je sais qu'il y a une vieille rivalité entre les deux peuples, mais parmi les auteurs français que j'ai pu lire de la même époque, je ne me rappelle aucune remarque sur les Anglais. Quant à des "défauts français"... Je veux bien croire que les mentalités générales diffèrent quelque peu, mais je ne pense vraiment pas qu'il soit judicieux de critiquer la futilité et la coquetterie supposée des Française quand on a une Blanche Ingram dans le récit, qui cherche sans cesse à se faire admirer et qui ne poursuit M.Rochester que pour son argent.

Et pour ce qui est de la condescendance envers la religion catholique, c'est un peu culotté quand on met dans son livre un pasteur comme St John et que le seul autre exemple que nous avons est Brocklehurst...

Mais globalement, le récit en lui-même se dévore (comme quoi le style n'est pas idéal à mes yeux mais il n'alourdit pas trop le propos), il est vraiment passionnant et regorge de rebondissements. Le suspens est intact car on a l'impression que tout peut arriver quand on voit ce que l'auteure ose : une femme folle dans le grenier, Jane qui manque mourir de faim dans la lande, l'incendie... D'ailleurs je n'ai pas pu lâcher le livre et je l'ai lu en deux jours !

J'ai vraiment bien aimé ce roman, il est vraiment riche et je le relirai avec plaisir dans le futur, mais je n'en ferai pas mon livre de chevet, il ne m'a pas marquée comme certaines personnes.

LES HAUTS DE HURLEVENT :

Spoiler(cliquez pour révéler)Je me retrouve démunie pour critiquer ce livre, parce qu'il m'est passé complètement à côté. Ce n'est même pas que je l'ai pris à contre-sens, auquel cas j'aurais au moins été sur la bonne "route", non, moi j'ai pris une route complètement parallèle à la bonne. Le résultat c'est un détachement complet de l'intrigue et des personnages. Je suis restée complètement indifférente à cet ouvrage, mon cœur n'a été touché d'aucune manière. Je ne suis contente de l'avoir lu que parce que c'est un classique, que c'est de la culture littéraire.

Je ne l'ai bien sûr pas trouvé joyeux, mais je m'y attendais (vu sa réputation). Ce n'est pas ça qui m'a gênée, parce qu'une sensation de noirceur ou de malaise comme beaucoup de lecteurs décrivent leur expérience, ne m'aurait pas du tout gênée.

Par exemple, j'ai eu cette sensation de malaise en lisant Le livre des choses perdues de John Connolly. Certains passages m'ont paru affreusement glauques et même malsains, sans recourir à des facilités. Mais quelque part "j'aime" cette sensation, ce n'est pas ce que je lis pour me remonter le moral, mais je trouve ça fascinant comme un auteur peut me faire éprouver ces émotions avec aussi "peu" si l'on veut. C'est facile d'écœurer un lecteur en décrivant avec quantité de détails gores une scène macabre comme un sacrifice humain ou un affreux fait divers inspiré de la réalité. Mais là on aurait dit que l'auteur allait rechercher dans nos peurs et notre imaginaire de l'enfance pour nous faire éprouver cette répulsion.

Bref, je m'égare mais c'est pour mieux souligner que j'aurais aimé avoir un ressenti semblable avec Emily Brontë.

Les personnages ne sont pas seulement désagréables, ils sont également bizarres et incompréhensibles. Je peux m'attacher à un personnage si j'arrive à comprendre sa psyché et trouve ses actions crédibles, même s'il est désagréable. Et même un personnage que je n'aime pas peut tout de même me sembler fascinant sur le plan littéraire (St John dans Jane Eyre). Mais ici c'est impossible car je trouve les principaux protagonistes (Heathcliff, Cathy mère et Hindley) complètement absurdes. Ils n'ont pas de corps en dehors de leurs actes négatifs. Ils ne peuvent pas me fasciner car je n'arrive pas à les suivre ni à les comprendre, et leurs actes me paraissent tellement sur-joués... En fait ils me font l'effet de personnages de tragédies grecques, complètement dans l'excès et donc, dans ce contexte de roman anglais, un peu grotesques.

Très clairement j'ai eu une impression de mélange entre romans anglais et tragédie grecque pour certains aspects (d'ailleurs Emily était une grande connaissance il me semble). Je dois avouer que le résultat ne m'a pas convaincue.

Le personnage d'Heathcliff est étrange, je sais qu'il est souvent excusé à cause de ce qu'il a vécu enfant mais même à cet âge, je trouve qu'il a quelque chose de tordu. Je ne le qualifierais peut-être pas de démon comme le fait Nelly, mais je pense qu'elle a mis le doigt sur quelque chose. Quand elle-même reconnaît qu'il la mettait mal à l'aise sans savoir pourquoi, ça m'évoque le personnage de Jean-Baptiste Grenouille dans le Parfum. Bien sûr c'est une dynamique complètement différente qui est à l'œuvre mais ce personnage aussi met les autres mal à l'aise sans que ces derniers sachent pourquoi.

Cathy est certes égoïste mais Heathcliff a quelque chose d'inhumain. Il n'est pas une victime totalement innocente. Son amour pour Cathy est la seule chose positive du personnage, et c'est loin d'être suffisant ou assez bon pour une rédemption. Qu'il se venge sur ses ennemis, ceux qui lui ont fait du tort, je comprends. Mais qu'il s'en prenne à la génération suivante est absolument inexcusable. Je me fiche qu'il ait souffert, il ne mérite aucune pardon pour moi, son attitude a été incroyablement mesquine, lâche (des enfants) et bien basse. Mais je comprends que des personnes apprécient le personnage quand même, on n'est pas réduit à n'aimer que les personnages bons.

Cathy mère est, elle, capricieuse et infernale, vraiment pourrie gâtée. Mais je comprends son mariage. Je sais que le contexte du récit est tellement étrange qu'il apparaît déconnecté des réalités, mais les conventions ne disparaissent pas : Cathy est membre de la gentry locale, Heathcliff est un enfant trouvé dont le prénom lui sert également de nom de famille, je ne sais même pas s'il a une existence légale dans sa jeunesse. Si Cathy l'épousait il se passerait quoi ? Ils vivraient de quoi ? Et elle-même dégringolerait jusqu'au plus bas de l'échelle sociale. Franchement je ne lui en veux pas de son choix, il ne faut pas oublier que la société n'était vraiment pas la même à l'époque.

J'en arrive maintenant à l'amour qui unit les deux principaux protagonistes. Je trouve cet amour plus animal qu'humain, c'est quelque chose d'instinctif plutôt que réfléchi, qui les prend vraiment aux tripes. D'un point de vue humain, c'est une passion plutôt que de l'amour, il y a trop de dureté et d'égoïsme dans leurs sentiments pour être de l'amour. Il s'agit du type même de l'amour passion : violent, stérile et fatal. J'ajouterai que c'est un élément qui m'évoque encore les tragédies grecques.

Quant au sentiment d'inceste qui plane sur tout le roman, je me suis moi-même posé la question de savoir si Heathcliff n'était pas le fils naturel du vieil Earnshaw. J'ai lu quelque chose à propos d'une impression d'ambiguïté voulue par l'auteure concernant les origines de Heathcliff, avec des éléments qui vont dans ce sens : leur relation "n'aboutit pas à un mariage", "leurs descendants ne pourront pas s'unir" (charnellement bien sûr), et enfin le nom de Heathcliff qui "était à la base celui d'un fils mort en bas âge".

Pour le style, je dois avouer que je ne le trouve pas spécialement magnifique. Il y a quelques passages et scènes belles dans leur genre : comme le passage au début avec le fantôme de Cathy, et le rêve que fait cette dernière lorsqu'elle est rejetée du paradis sur la lande, magnifique car en résonance avec l'amour d'Emily pour sa lande chérie. Mais à part ces exceptions, je trouve le style seulement travaillé. Ce qui n'est déjà pas mal, mais je n'ai pas été emportée dans le tourbillon d'Emily Brontë, notamment lors de dialogues ou longs monologues qui sonnaient faux à mon goût.

Pour conclure, je me trouve bien plus émue par la chanson éponyme (de Kate Bush) que par le roman. Elle éveille un sentiment d'étrangeté et je la trouve hypnotisante : ce sont les sensations qu'aurait dû me procurer le roman.

Je suis également plus intéressée par la fratrie Brontë et leurs histoires de famille que par les Hauts de Hurlevent. Mais je suis très intriguée par tout ce qui entoure cette œuvre : son auteure, la façon dont le roman a été imaginé, conçu, les réactions des proches...

En fait je pense que cette œuvre servira de complément aux biographies des Brontë, plutôt que l'inverse, ce n'est pas banal mais ça me convient.

AGNES GREY :

Spoiler(cliquez pour révéler)Je dois dire que c'est un très joli roman qui m'a beaucoup plu globalement.

La description de la vie de gouvernante était extrêmement intéressante et pédagogique. Je comprends mieux ce que voulait dire Jane Fairfax dans "Emma" lorsqu'elle parle d'état d'esclavage, ça m'a un peu rappelé le livre d'Amélie Nothomb, "Stupeur et tremblements". C'était vraiment une situation horrible et dégradante, je n'imagine pas vivre une expérience pareille, c'est un coup à vaciller entre burn-out et dépression. Je ne pense pas que ce soit exagéré, ça existe parfaitement des enfants (et des familles !) aussi insupportables et manquant totalement de savoir-vivre. Et c'est normal qu'Anne Brontë ne montre que ce genre d'enfants, elle en fait un plaidoyer en faveur des gouvernantes, elle s'appuie donc sur ce qui le justifie.

J'ai eu la sensation de lire une autobiographie d'Anne, ce qui explique peut-être pourquoi le personnage d'Agnes est moins dur et plus timide que ceux des autres sœurs Brontë. Elle correspond bien à ce qu'on sait d'Anne, à savoir qu'elle est plus calme et douce, mais qu'elle n'est pas pour autant faible ou molle. Comme certains connaisseurs le savent, elle avait une certaine obstination et une force tranquille. Elle n'était pas violente ou vive mais capable de beaucoup quand elle prenait une décision. Il suffit de voir sa détermination à travailler en tant que gouvernante, même après son horrible première expérience.

Pour ce qui est de la romance, je l'ai beaucoup appréciée. M.Weston m'a paru un prétendant tout-à-fait intéressant, intelligent, cultivé, avec une vraie force de caractère et une droiture morale qui ne le rend pas pour autant rigide ou fade. Certes M.Weston n'est pas un boute-en-train mais personnellement je l'ai trouvé bien agréable et je comprends que la douce et pieuse Agnes Grey ait pu être bouleversée par lui, leur union était naturelle. Le seul souci, c'est le manque de développement de liens entre les protagonistes : la romance commence très bien, mais à peine les protagonistes ont-ils le temps de se rencontrer et d'échanger quelques paroles, un début de connaissance, que miss Murray tient Agnes à l'écart. D'ailleurs quel comportement de peste a celle-ci ! Qu'elle s'amuse à flirter avec différents hommes sans aller jusqu'au bout (le mariage), passe encore pour moi qui suis, en tant que lectrice du 21ème siècle, peu choquée par ceci (encore qu'elle joue avec les sentiments de ses prétendants), mais s'acharner à vouloir séduire le seul homme pour lequel la pauvre Agnes a montré un tant soi peu d'intérêt ! C'est très bas, d'autant plus que sa gouvernante est très bonne avec elle. J'en profite pour faire un petit aparté : j'aime beaucoup que la deuxième famille dans laquelle Agnes travaille soit désagréable, mais de manière plus nuancée (et peut-être plus courante aussi) que la première. Je trouve que ça apporte une belle nuance au récit.

Bref, j'espérais qu'après le mariage de la peste, Agnes aurait l'occasion de reprendre sa relation avec le pasteur, afin d'approfondir un peu leur histoire avant l'obstacle suivant qui ne manquerait pas de se présenter, mais hélas non : il éveille à peine l'intérêt qu'il disparaît... Mais l'idée de base de cette romance (et son aboutissement) m'a séduite. À titre personnel, j'ai aussi été séduite parce que l'image que j'avais de M.Weston était celle de l'acteur Sam Riley : c'est l'acteur de Darcy dans P&P&Z et s'il n'est pas très beau, je lui trouve beaucoup de charme et un air sombre séduisant ;).

Un point très positif du roman : le style, je l'ai beaucoup aimé. Je l'ai trouvé bien plus digeste que celui de ses sœurs et moins grandiloquent, ce qui m'a rendu le livre très agréable à lire. Je le trouve plus réaliste que romantique, très sobre sans être aride. Je vous confesse qu'il m'évoque un peu celui de Jane Austen et a donc ma préférence. J'aime beaucoup les descriptions notamment, qui ne prennent pas beaucoup de place tout en permettant de planter le décor, mais surtout les pensées d'Agnes Grey. J'aime beaucoup sa délicatesse d'esprit, elle est très croyante mais de manière retenue, sans tout ramener à la religion ou prier de façon exaltée. Elle me plaît beaucoup cette jeune fille, je l'aurais bien suivie plus longtemps, ce qui nous amène au point suivant.

Pour parler des points négatifs, je dirai que le récit était trop court à mon goût, j'ai trouvé ça vraiment dommage, d'autant que je prenais plaisir à lire la vie d'Agnes et à suivre les méandres de son esprit calme mais déterminé. Le dénouement m'a paru un peu rapide et improbable, ce qui m'a un peu gênée car le récit ici est plus réaliste et ne laisse pas place au surnaturel et à l'invraisemblable comme dans "Jane Eyre". Bref, j'ai un sentiment d'inachevé à cause de la fin un peu "bâclée" du roman. Je veux dire, on attend longtemps qu'il se passe quelque chose, puis M.Weston arrive et en deux pages, Agnes nous apprend que sa mère l'adore et il la demande en mariage. Dans l'idée c'est parfait, mais j'ai l'impression d'un manque criant de romantisme (au sens commun du terme) et d'émotion lors de cette demande en mariage qu'on espère depuis si longtemps.

Ce qui m'amène au sentiment de compassion teinté de tristesse que j'éprouve pour l'auteure à la conclusion du récit (à partir du moment où le pasteur refait surface). Je ne sais pas à quel point je peux viser juste ou pas, mais ça me fait fortement l'impression d'un rêve, voire d'un fantasme, d'Anne. Il faut dire que l'héroïne, de par son caractère, et de par son métier, fait énormément penser à elle et ceci me fait donc soupçonner qu'elle a écrit sa propre fin heureuse rêvée, pressentant peut-être qu'elle n'en connaîtrait pas (et il y avait en effet peu de chance, étant donné sa situation financière).

Pour conclure, je finirai en disant que ce roman m'a beaucoup plu, plus que les "Hauts de Hurlevent" en tout cas, et peut-être autant que "Jane Eyre". "Jane Eyre" a pour lui un récit suffisamment long et construit pour satisfaire mon appétit de lectrice, mais le style est, pour moi, en faveur d'Anne. Son roman est fait d'une multitude de petites touches discrètes qui donnent un résultat très délicat.

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Commentaire ajouté par Eluire 2018-09-08T11:19:55+02:00

Je n'ai pas apprécié le début de l'histoire, ni vraiment le milieu mais a partir du moment ou on apprend que jane est devenu une femme le livre me parait mieux est plus captivant.

j'ai adoré la fin je conseille ce livre à tous ceux qui aiment la littérature anglaise

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On parle de Anne Brontë ici :

Dédicaces de Anne Brontë
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Editeurs

Robert Laffont : 4 livres

Editions Wordsworth : 3 livres

Penguin Books Ltd : 3 livres

Rencontre : 2 livres

Gallimard : 2 livres

Oxford University Press : 1 livre

Thomas Cautley Newby : 1 livre

Editions Archipoche : 1 livre

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