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Extrait de Aurore, tome 1 : Aurore ajouté par Rachel 2011-08-25T16:32:19+02:00

(Quelqu'un sonne à la porte)

-Qui peut bien venir d'aussi bonne heure ? marmonna papa en passant une main dans ses cheveux en brousailles.

Il se frictionnna les joues pour se remettre les idées en place et traversa la salle de séjour. Je reculai jusqu'au lit et attendis, debout à côté de Jimmy. Fern cessa de pleurer et se tourna vers la porte, elle aussi. Et papa ouvrit.

Il y avait trois hommes. Deux agents de police et le veilleur de nuit de l'hopital.

- Ormand Longchamp ? fit le plus grand des deux agents.

- Oui, répondit papa

- Nous avons un manda d'arrêt contre vous.

Papa ne posa pas de question. Il battit en retraite et soupira, comme si une chose à laquelle il s'était toujours attendu avait fini par arriver. Et il baissa la tête.

- Je l'ai reconnu dès le premier coup d'oeil à l'hopital, annonca le gardien. Et quand j'ai su que la récompense tenait toujours...

- Reconnu qui ? articulais-je, térrorisée. Que se passe t-il, papa ?

- Nous arrêtons cet homme pour kidnapping, déclara le policier qui avait déja parlé.

- Kidnapping ?

J'échangeais un regard avec Jimmy, qui bougonna:

- C'est ridicule.

Je me retournai vers papa. Il n'avait toujours pas ouvert la bouche pour se défendre, et ce silence me terrifiait.

- Kidnapping? Mon père n'a jamais volé d'enfant ! Et qui aurait-il enlevé, d'abord?

Le gardien ne laissa personne lui souffler sa réplique, il était trop fier de son exploit.

- Qui? Mais vous, ma petite !

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Extrait de Aurore, tome 1 : Aurore ajouté par ilovelire 2016-05-22T14:24:33+02:00

— Alors, les enfants ? Comment s’est passée la journée ?

Je lançai un bref coup d’œil à Jimmy. Nous avions décidé de ne rien dire à papa de ma mésaventure, mais j’éprouvai soudain un désir fou de me blottir dans ses bras, le visage contre sa poitrine, et de pleurer toutes les larmes de mon corps. Malgré Philippe, malgré le cours de musique, souvenirs qui me réchauffaient le cœur, la journée s’était révélée une dure épreuve. J’étais obsédée par l’image d’une foule de visages ricanants. Mais je savais que je devais me taire : papa était si violent, si imprévisible ! S’il allait se plaindre et se faire renvoyer ? Ou, encore pire, si Mme Turnbell le persuadait que tout était ma faute ?

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Extrait de Aurore, tome 1 : Aurore ajouté par ilovelire 2016-05-22T14:24:00+02:00

— Salut ! lançai-je, persuadée qu’elle voulait faire la paix.

J’étais bien loin du compte…

— Je t’ai vue à la table de Philippe Cutler, commença-t-elle, incapable de dissimuler sa jalousie. Tu ferais mieux de faire attention. Il a une très mauvaise réputation parmi les filles, m’informa-t-elle.

Mais sa voix laissait toujours percer l’envie.

— Une mauvaise réputation ? Il m’a paru très sympathique. Nettement plus que sa sœur, soulignai-je. Qu’est-ce qu’on lui reproche ?

— Les choses qu’il essaie de faire, même à un premier rendez-vous, m’apprit Louise, les yeux exorbités.

— Et quel genre de choses ?

— A ton avis ? (Elle recula d’un pas et s’assura d’un regard furtif que personne ne pouvait l’entendre.) Il essaie d’aller jusqu’au bout.

— Tu es déjà sortie avec lui ?

— Non, jamais, précisa-t-elle, l’œil encore plus globuleux si c’était possible.

Je haussai les épaules.

— Si tu veux mon avis, tu ne devrais pas laisser les autres te dicter ce que tu dois ou ne dois pas penser de quelqu’un. C’est à toi de décider ça. D’ailleurs, c’est injuste pour lui, ajoutai-je, hantée par le bleu merveilleux des yeux de Philippe. Il n’est pas comme ça.

Louise secoua la tête.

— En tout cas, je t’aurai prévenue.

— Et lui au moins ne m’a pas laissée toute seule à table.

Et tac ! En plein dans le mille.

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Extrait de Aurore, tome 1 : Aurore ajouté par ilovelire 2016-05-22T14:23:08+02:00

M. Moore, mon professeur de musique, avait des joues roses creusées de fossettes, une tignasse aussi bouclée que celle de Harpo Marx et un sourire chaleureux et franc. Jamais je n’avais eu de professeur aussi gentil. Avec lui, les élèves les plus timides oubliaient leur trac et quand il les en priait, ils se levaient de bon cœur pour chanter quelques notes en solo. Il arpentait la classe avec son diapason (un harmonica tout rond), nous enseignait les gammes et rendait la musique bien plus intéressante que je ne l’avais cru jusque-là. En arrivant à ma hauteur, il s’arrêta et fronça le nez à la manière d’un écureuil. Ses yeux noisette pétillèrent.

— Ah, une nouvelle voix ! Aurore, savez-vous chanter do-ré-mi-fa-sol-la-si-do ? Je vous donne le la, dit-il en portant son diapason à la bouche.

Mais je commençai avant qu’il ait eu le temps de souffler dedans, et ses yeux s’élargirent. Ses sourcils broussailleux, d’un brun roux, se haussèrent en accent circonflexe.

— En voilà une découverte ! C’est la gamme la plus juste qu’il m’ait été donné d’entendre depuis des années. Qu’en pensez-vous, tout le monde ? demanda-t-il à la cantonade. Magnifique, non ?

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Extrait de Aurore, tome 1 : Aurore ajouté par ilovelire 2016-05-22T14:22:48+02:00

— Y a-t-il une place libre, ici ?

Je levai les yeux et me trouvai face à face avec le plus beau garçon du monde. Des cheveux blond de lin, comme les miens, épais et ondulés mais pas trop : juste ce qu’il fallait. Un nez droit, ni trop long, ni trop court, ni trop fin. Le nouveau venu était à peine plus grand que Jimmy, mais plus carré, l’air assuré, plein de confiance en lui. En l’observant d’un peu plus près, je découvris qu’il avait un léger semis de taches de rousseur sous les yeux, lui aussi.

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Extrait de Aurore, tome 1 : Aurore ajouté par ilovelire 2016-05-22T14:21:31+02:00

Le premier jour dans une nouvelle école n’est jamais facile, mais Mme Turnbell s’était arrangée pour nous le rendre encore plus pénible. Quand nous quittâmes son bureau, Jimmy et moi, munis de nos emplois du temps, je tremblais comme une feuille. Dans certains collèges, le directeur désignait un élève plus grand, garçon ou fille, pour nous parrainer et nous piloter dans les locaux. Mais à Emerson Peabody, il nous fallut nous débrouiller tout seuls. Brutalement jetés à l’eau, il ne nous restait qu’à nager… ou à couler.

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Extrait de Aurore, tome 1 : Aurore ajouté par ilovelire 2016-05-22T14:20:56+02:00

Papa dormait mal, il se levait souvent du mauvais pied. Et plus il dormait mal, plus il avait mauvaise mine. Tous les matins, il s’affalait sur sa chaise en secouant la tête, comme un homme qui en a vraiment trop vu. Je n’osais pas lui parler quand il était de cette humeur-là. Il n’ouvrait la bouche que pour tenir des propos sinistres et déprimants. En général, ses paroles nous faisaient comprendre qu’il songeait à reprendre la route. Et ma crainte la plus terrible, la plus secrète, était qu’un beau jour il s’en aille sans nous. Même s’il m’arrivait d’avoir peur de lui, j’aimais mon père, et je guettais avidement les rares sourires qu’il m’adressait.

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Extrait de Aurore, tome 1 : Aurore ajouté par ilovelire 2016-05-22T14:20:31+02:00

Un après-midi, alors que maman entamait son neuvième mois de grossesse, j’étais en train de préparer le dîner et Jimmy bricolait sur la table de la cuisine quand un cri nous parvint de la chambre. Nous y courûmes et mon cœur s’accéléra quand je vis maman, les mains crispées sur le ventre.

— Que se passe-t-il, maman ? Maman !

Elle tendit le bras, me prit la main et serra les dents.

— Appelez une ambulance.

Nous n’avions pas le téléphone et nous servions de la cabine du coin. Jimmy ne fit qu’un bond jusqu’à la porte.

— C’est normal que ça arrive maintenant, maman ?

Elle secoua la tête, poussa un nouveau gémissement et m’enfonça les ongles dans la peau, si fort que je faillis saigner. Elle se mordait la lèvre inférieure. Les douleurs se succédaient et son visage devint couleur de cire. Jimmy rentra en coup de vent :

— L’hôpital envoie une ambulance !

— As-tu prévenu ton père ? demanda maman, incapable de desserrer les dents tellement elle souffrait.

— Non. Je vais le faire tout de suite.

— Dis-lui de venir directement à l’hôpital.

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Extrait de Aurore, tome 1 : Aurore ajouté par ilovelire 2016-05-22T14:20:06+02:00

Nous vivions à Richmond depuis quelques mois quand, un certain après-midi, maman rentra du travail plus tôt que d’habitude. J’espérais qu’elle nous rapporterait quelque chose pour le dîner. C’était la fin de la semaine, le jour où papa devait être payé, et l’argent de son dernier salaire était déjà presque envolé. Nous n’avions eu droit qu’à deux repas corrects cette semaine-là, et maintenant nous faisions durer les restes. Mon estomac criait famine, tout comme celui de Jimmy, mais nous n’eûmes pas le temps de nous en plaindre. La porte s’ouvrit et nous nous retournâmes en même temps, tout surpris de voir entrer maman. Elle s’immobilisa, secoua la tête et fondit en larmes. Puis elle se précipita dans sa chambre.

— Maman ! appelai-je. Qu’est-ce qui ne va pas ?

Pour toute réponse, elle claqua la porte. Jimmy et moi échangeâmes un regard apeuré. J’allai frapper doucement au battant.

— Maman ? (Jimmy m’avait rejoint et attendait, lui aussi.) Maman, on peut entrer ?

J’ouvris et jetai un coup d’œil dans la chambre. Maman était couchée à plat ventre sur le lit, le buste secoué de sanglots. Nous entrâmes sans bruit, Jimmy sur mes talons. Je m’assis sur le lit et posai la main sur l’épaule de ma mère.

— Maman ?

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Extrait de Aurore, tome 1 : Aurore ajouté par ilovelire 2016-05-22T14:19:49+02:00

Maman et moi avons rempli un carton avec les ustensiles qu’elle tenait à emporter et l’avons donné à papa pour le mettre dans la voiture. Puis elle m’a passé un bras autour des épaules et nous avons regardé pour la dernière fois la modeste petite cuisine. Sur le seuil, Jimmy en faisait autant, les yeux lourds de tristesse. Ils s’assombrirent de colère quand papa fit irruption pour nous dire de nous dépêcher. Jimmy lui en voulait de nous imposer cette vie de romanichels, et il m’arrivait de me demander s’il n’avait pas raison. Papa me paraissait souvent différent des autres hommes, plus nerveux, incapable de tenir en place. Je ne l’aurais jamais avoué, mais chaque fois qu’il s’arrêtait dans un bar en revenant du travail, j’étais au supplice. Dans ces cas-là, il rentrait avec une mine sombre à faire peur, se campait devant la fenêtre et regardait au-dehors comme s’il attendait quelque chose d’épouvantable. Aucun de nous ne pouvait lui adresser la parole quand il était de cette humeur-là. Comme maintenant.

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